Les PME, piliers silencieux
Rapidement, la conversation s’oriente vers ce qui fait battre le cœur économique du pays : les petites et moyennes entreprises. Pour la présidente de la BDC, elles ne se résument pas à des colonnes de chiffres dans un rapport trimestriel. Elles sont la mémoire vive de nos communautés, nos racines économiques.
Mme Dessureault souligne un fait qui inquiète au Québec : plus de 61 % des entrepreneurs actuels n’ont aucun plan de relève. Des dizaines de milliers d’entreprises pourraient bientôt disparaître faute de transmission. Pour Mme Hudon, l’enjeu dépasse les bilans comptables, il touche à la souveraineté même du pays. « On ne pourra pas toutes les garder, c’est vrai, mais ce qu’on peut faire, on va le faire. Parce que soutenir nos PME, c’est protéger notre capacité à choisir notre avenir », affirme-t-elle.
Acheter d’ici : une fierté à reconstruire
L’approvisionnement local a occupé une place importante dans la discussion. Mme Hudon a évoqué son expérience comme ambassadrice du Canada en France : « Là-bas, acheter local n’est pas une tendance, c’est un réflexe identitaire. Les Français n’ont aucun complexe à soutenir leurs marques locales. Ici, on souffre encore du syndrome du Good Canadian. On n’ose pas toujours se mettre de l’avant. »
Cela dit, cette culture évolue. Une nouvelle génération d’entrepreneur·e·s ose croire en elle-même, et les consommateur·trice·s suivent. « Même à l’épicerie, les gens prennent 30 minutes de plus pour s’assurer que c’est un ketchup d’ici », illustre Isabelle Dessureault.
La défense, au-delà des uniformes
Le regard s’est tourné vers les secteurs stratégiques : défense, cybersécurité, technologies de rupture. Des domaines encore trop peu investis, selon Mme Hudon : « La BDC a été timide dans ces champs, mais ce sont justement ces secteurs, cybersécurité, quantique, technologies avancées, qui redéfinissent aujourd’hui le leadership économique mondial ».
Elle encourage les entrepreneurs.es à redéfinir du mot «défense» : non plus une affaire militaire, mais une manière de protéger notre intelligence, notre savoir-faire, notre capacité à innover.
Capitaux, vision et confiance : la recette d’un écosystème canadien en effervescence
Le dynamisme des start-ups montréalaises n’est plus à prouver. La présidente et cheffe de la direction de la CCMM n’a pas hésité à interpeller la cheffe de la BDC sur l’écosystème des start-ups à Montréal, une effervescence qui anime le milieu entrepreneurial de la métropole depuis plusieurs années.
Un phénomène qui, selon Mme Hudon, s’inscrit dans un mouvement plus vaste à l’échelle du pays. Pour cette femme originaire de la région de Beauharnois, la clé du succès repose sur la combinaison des capitaux, de la vision et de la confiance : « Ce qui rend un écosystème vivant, c’est la disponibilité des capitaux, mais surtout la volonté collective de faire émerger une vision commune ».
De Montréal à Vancouver, en passant par Calgary et Edmonton, elle observe une fédération d’initiatives locales qui, ensemble, tissent un véritable réseau d’innovation à l’échelle du pays. Dans son entretien, elle croit que « ce qui fait vivre un écosystème, ce sont les capitaux, bien sûr, mais c’est aussi, et surtout, une vision partagée ainsi que la confiance que ça va marcher ».
Quand on lui a demandé ce qui l’inspire pour l’avenir de Montréal, Mme Hudon n’a pas réfléchi longtemps : « Les entrepreneurs.es».
En s’adressant à la foule présente, dans un sourire complice, glisse une dernière pointe d’humour aux entrepreneurs.es : « Qu’est-ce qu’il y a de facile dans votre quotidien ? Rien. Ah non ! Faire affaire avec la BDC ».
Une promesse en mouvement
Ce sont des événements comme celui-ci qui rendent CubeXpertise fière d’être membre de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. C’est ce type de rencontre qui rend possible la proximité entre les grands partenaires et les PME — ce dialogue où tout commence vraiment.
Quand on lui a demandé ce qui l’inspire pour l’avenir de Montréal, Mme Hudon n’a pas hésité :
« Les entrepreneurs. »
Lors de son allocution, elle a d’ailleurs confié : « Au cours de ma carrière, j’ai souvent accepté des défis qui me donnaient le vertige. »
Un vertige que partagent bien des gens d’affaires : celui de sortir de leur zone de confort. C’est justement ce qui les fait avancer.
Elle invite aussi la communauté d’affaires à diversifier ses marchés. Dans un contexte fragile avec nos voisins du Sud, Mme Hudon a cité Mme Lise Watier à propos de la perception du Canada face aux États-Unis : « We will prove them wrong. »
Ces mots résonnent comme un appel. Ce n’est pas une provocation, ni une promesse en l’air. C’est un moteur. Celui d’un pays qui refuse la modestie comme réflexe.Celui d’un écosystème qui cesse de se comparer pour enfin se projeter.
Celui d’un avenir qu’on choisit de bâtir, plutôt que de subir. Entre l’élan et la réalisation, il faut plus qu’une vision. Il faut une passerelle. Cette passerelle, c’est la confiance.
Rédigé par le service des communications de CubeXpertise inc
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